Accouchement

Récit d’AVAC partie 2 : la naissance d’Éliott

Récit d'AVAC - Accouchement vaginal après césarienne

Geneviève : J’ai « rencontré » la maman de Mathéo et Éliott, Julie, dans un groupe Facebook. Son histoire d’accouchement vaginal après césarienne m’a intrigué, alors je lui ai demandé de me raconter le récit de la naissance de ses 2 enfants. Le premier est l’histoire d’une naissance par césarienne. Le deuxième, celui-ci, un récit d’AVAC réussi. Je vous invite à lire l’histoire de cette belle famille…


Julie : À 38 semaines et 3 jours, j’ai eu mon premier et mon seul touché du col à ma demande, puisque je voulais commencer l’huile d’onagre. J’ai su que bébé était bien positionné en antérieur (ma sage-femme a senti ses fontanelles et j’ai pu constater lors du travail que la douleur des contractions était située dans mon ventre et non dans mon dos), engagé à la station 0 et que mon col était mou, mi-long et dilaté à un gros 2 cm.

J’étais bien contente puisque je voyais que tout ce que j’avais fait depuis le début de ma grossesse (et même avant!) pour aider bébé à bien s’engager portait ses fruits (yoga prénatal, cardiopoussette, tisane de feuilles de framboisier, visualisation, autohypnose avec ma psychologue, ostéopathie, massothérapie, ballon plusieurs heures par jour, aucune position « lazy boy » à partir de 34 semaines, etc.) et ma confiance était encore plus au rendez-vous puisque mon amie avait réussi son AVAC quelques jours plus tôt en maison de naissance.

Je restais tout de même avec l’idée rationnelle que j’accoucherais à 41½ semaines, mais je ressentais au fond de moi qu’on ne se rendrait pas là… même si je ne voulais même pas me l’avouer à moi-même.

Jeudi, la veille de la naissance, je suis allée au cours de cardiopoussette le matin. Ce fut une belle séance dans laquelle j’ai encore pu apprécier les sensations de mon bébé qui pressait là, en bas, partout dans mon bassin et sur mon col. Quelles sensations merveilleuses qui me montraient comment mon corps et mon bébé travaillaient avec moi pour que je puisse vivre une magnifique expérience de mise au monde cette fois-ci! Ça faisait déjà une bonne semaine que les contractions s’étaient modifiées (depuis mon premier traitement d’acupuncture et le début de l’huile d’onagre, coïncidence?). Je sentais un gros serrement associé à une pression vers le bas qui revenait chaque 5 à 20 minutes. Je pouvais faire tout ce que je voulais pendant ces contractions et je les accueillais à bras ouverts. J’étais tellement heureuse de sentir tout ce que mon corps était capable de faire pour placer mon bébé et ramollir mon col, mon corps de femme qui savait quoi faire pour mettre lui-même mon bébé au monde…

En après-midi, je suis allée en acupuncture. Un moment merveilleux pendant lequel je me suis centrée sur mon bébé en profitant du sentiment de grande détente que me procurait le traitement.

Suite à ce rendez-vous, j’ai achalé mon conjoint pour qu’il nettoie la maison de fond en comble. Je sentais que la maison devait être propre à ce moment, mais je n’arrivais pas à faire de ménage, puisque j’avais des contractions de Braxton Hicks à toutes les 2 à 5 minutes. Mon chum a fini par tout mettre à mon goût (malgré quelques protestations de sa part, car j’avais tellement répété souvent que ce serait un bébé de près de 42 semaines qu’il trouvait que je m’en faisais pour rien… J’étais JUSTE à 39.3!).

Une fois la maison bien rangée, mon conjoint et mon bébé tombés dans les bras de Morphée, je suis descendue au sous-sol dans la pièce que nous avions aménagée ensemble pour cette naissance que nous voulions entièrement naturelle, respectée et dans la pleine conscience.

Dans cette pièce, je me sentais si bien, calme et sereine. Je m’y étais assise tellement de fois ces dernières semaines pour faire ma visualisation, ma pratique de gestion de la douleur en autohypnose ou simplement pour lire les pensées que j’avais affichées sur les murs que c’était rendu un réel sanctuaire pour moi et mon bébé, le petit Éliott qui grandissait et bougeait en moi. J’ai parlé à bébé et je lui ai dit que tout était prêt, que s’il voulait s’en venir tout de suite, nous l’accueillerions à bras ouverts, mais que s’il voulait attendre, il le pouvait bien. Il n’y avait rien qui pressait, mais nous étions prêts tous les trois à l’accueillir.

Durant la nuit, je me réveille plusieurs fois toujours avec ces « fausses » contractions accompagnées d’un mouvement vers le bas. J’ai une pensée comme quoi les dernières nuits seront difficiles si elles sont toutes comme celle-là, mais je ne veux quand même pas presser bébé.

Vendredi matin, je me réveille vers 7h30 et Mathéo, notre fils de 22 mois, vient nous rejoindre dans notre lit (ce qu’il ne fait que très rarement). Pour une fois, il est vraiment colleux et doux. On passe un très beau dernier réveil à trois qui reste gravé dans mon cœur. Les hormones de l’amour circulent bien.

J’ai des contractions aux 3 minutes environ, mais pareilles à des Braxton Hicks. Je crois donc seulement à des fausses contractions et j’en ai depuis plus d’une semaine, donc je ne m’en inquiète pas. Je prends un bain vers 9h pour les faire cesser puisqu’on a un rendez-vous de suivi avec ma sage-femme S. à 11h au service sage-femme. 40 minutes plus tard, elles sont toujours aux 3 minutes environ, mais je parle sans aucun problème pendant, donc je pense encore à des Braxton accentuées par tout ce que j’ai fait dans la semaine (ostéo, acupuncture, 3 x du cardiopoussette, yoga prénatal, huile d’onagre, tisane de feuilles de framboisier, plusieurs heures de ballon par jour…). Je suis bien assise dans le bain, mais je ne réussis pas à m’étendre. Je jase avec mon conjoint pendant les contractions. J’aime ces sensations si douces et agréables, mais je ne sais toujours pas où on s’en va avec ça. Que c’est merveilleux toute l’incertitude d’une fin de grossesse, tout le lâcher-prise que ça prend!

Vers 10h, je décide de sortir du bain, ça ne change rien et je dois m’habiller pour mon rendez-vous. Rendue dans ma chambre, j’ai une drôle de sensation, mon « corps », mon « ressenti » refuse d’enfiler des vêtements. J’arrive seulement à enfiler mes sous-vêtements, tout le reste me répugne. Mon chum me propose de mettre une robe ample de maternité.  Je trouve l’idée bonne, mais finalement 10 minutes après, je veux l’enlever et je décide d’appeler pour remettre mon rendez-vous à « quand mes « Braxton » seront moins dérangeantes »…

Après avoir fait l’appel, je ressens une vague d’émotions qui monte. Je vais dans la chambre que mes gars partageront et je pleure quelques secondes… C’est une boule mélangée d’excitation, de crainte, de fébrilité, de bonheur. J’ai travaillé si fort depuis près de 2 ans pour préparer cette naissance. Cet accouchement que je vais enfin vivre éminemment, je le sens et ça me fait peur. J’ai peur de ne pas être à la hauteur de toute la préparation que j’y ai mise, de la magnifique visualisation que je fais depuis si longtemps… Puis, je prends de profondes inspirations, me ressaisis et décide d’entrer dans ma bulle de travail et de bien-être tout de suite. Je sors de la chambre et je demande à mon conjoint de m’apporter le ballon et un oreiller à la table. Je suis prête!

10h40, mon accompagnante, Suzie, appelle pour avoir des nouvelles du rendez-vous avec ma sage-femme. On lui dit que finalement on n’y est pas allé, parce que j’ai des contractions. On ne pense même pas à lui demander de s’en venir, puisque je gère encore vraiment très bien et facilement. David lui dit qu’on était sûrement pour la rappeler dans 2-3 heures pour qu’elle vienne nous rejoindre.

M., ma sage-femme de garde, m’appelle à 11h quand elle a le message de la secrétaire. Je prends alors les contractions sur le ballon en m’appuyant la tête sur un oreiller, en faisant de l’autohypnose et en expirant fort. J’accueille avec joie, détente, calme et ouverture les sensations qui arrivent sous forme de vagues. Je sais que j’ai de parfaits moments de répit entre les contractions. Je laisse chaque vague venir avec son intensité et tirer mon col…

David m’a mis de la musique calme et est descendu au sous-sol avec Mathéo pour me laisser dans ma bulle. Il a tenté de me faire des massages, mais je préfère bouger sur le ballon en faisant de douces bascules du bassin plutôt que de me faire masser le bas du dos. Les contractions sont aux 3 minutes encore, mais plus intenses. Ma sage-femme pense à une fin de latence puisque je lui dis que ma douleur est à 5-6 seulement dans le pic et que mes contractions semblent varier en durée et en intensité (je n’en suis pas certaine, puisqu’on ne calcule rien jusqu’à présent. Je jette juste un coup d’œil à l’horloge une fois de temps en temps). David commence à prendre en note les contractions. Elle me dit qu’elle a un rendez-vous à Laval et un autre à l’Assomption et qu’après, elle va venir me voir à la maison à Saint-Paul près de Joliette (on s’attend tous à un long travail). Si, entre temps, je perds du liquide ou que je sens que ça s’intensifie, je dois la rappeler.

J’ai tellement peur de stagner que le fait qu’elle prenne le temps de faire des rendez-vous avant de venir me voir me va même si une petite voix dans ma tête me dit que ce serait peut-être bien qu’elle s’en vienne puisque je le sens plus comme du travail actif. David me dit que mes contractions sont finalement toujours aux 3 minutes et durent 90 secondes.

11h30, je demande à David de préparer la piscine d’accouchement, puisque les contractions commencent à être plus difficiles à gérer sur le ballon. On s’entend qu’à ce moment, on aurait déjà dû rappeler ma sage-femme pour la mettre au courant du changement d’intensité, mais ni lui ni moi y avons pensé, puisque ça allait tellement bien.

12h, j’entre dans la piscine et je sens un grand soulagement, c’est vraiment la meilleure place pour moi pour faire mon travail. Je m’y sens vraiment bien. Maintenant, je dois vraiment vocaliser mes contractions (on aurait aussi pu penser à rappeler ma sage-femme là, mais non!).  Mes parents arrivent pour venir chercher Mathéo. Ma mère qui m’entend croit que je chante. Je parle à bébé, je m’assure de rester molle, de faire des sons qui relâchent ma langue, ma mâchoire. Je suis couchée sur le côté dans le fond de la piscine et je me sers de nouilles pour me reposer la tête et flotter. Je me sens tellement bien dans l’eau et dans ma maison, mon chez-moi.

12h55, David me propose de rappeler Suzie, notre accompagnante/massothérapeute, pour « changer la musique et installer le diffuseur d’huiles essentielles » et je trouve que c’est une bonne idée. Je me demande bien comment elle fera pour me faire des massages, puisque je ne me vois pas sortir de l’eau.

À 13h, je demande à David ça fait combien de temps que j’ai parlé à M. (ma sage-femme), il me dit « près de 2 heures » et je lui réponds que j’aimerais qu’il la rappelle. Je pense qu’elle devrait s’en venir. Je sens que l’intensité a encore augmenté et je ne me passerais plus de l’eau pour arriver à gérer. Elle est sur le point de terminer son rendez-vous à Laval et elle annule son rendez-vous à l’Assomption. Je redoute un peu dans ma tête le moment où elle arrivera, car je sais que si je stagne dans la piscine, je devrai en sortir et je ne sais pas comment je ferai alors pour gérer.

13h06, je perds les eaux et je demande à David de rappeler M. pour le lui dire. Une contraction passe comme les précédentes, puis… Je hurle, je me jette de tous bords tous côtés dans la piscine, je me mets à hyperventiler, mes mains et le bas de mes jambes engourdissent… Ça fait MAL! Je ne gère plus rien, j’ai la fameuse phrase « Je veux mourir! » qui me passe dans la tête et j’en souris intérieurement. Je sais que je viens d’entrer dans la phase de transition… phase de désespérance. Ça me remplit d’espoir et de fierté quant au bon déroulement de mon accouchement. David m’attrape les mains, me fait des points de pression, m’aide à respirer… je me calme et je veux M. LÀ! TOUT DE SUITE! 13h10, David rappelle M. pour lui dire que l’intensité a beaucoup augmenté (elle l’entend de toute façon puisque je ne me contente plus de vocaliser, je crie aussi dans le pic) et que je la demande sans arrêt. Elle interrompt son rendez-vous et s’en vient immédiatement, mais elle est à l’autre bout de Laval et nous habitons près de Joliette… M. dit à David d’appeler le 911 s’il sent que je vais commencer à pousser avant qu’elle soit là. Elle est à 1h10 de route…

David me fait des points de pression (TRÈS forts à ma demande) à chaque contraction. Moi, je vocalise le début de la contraction, hurle dans le pic, vocalise la fin et tombe dans les endorphines (mes yeux roulent, je deviens molle, je suis TRÈS bien, je somnole) entre les contractions… Il y a deux pics par contraction. Nous sommes toujours seuls.

Environ 13h20, mon accompagnante arrive. Elle installe le diffuseur d’huiles essentielles, change la musique (je ne m’en rends absolument pas compte), tente de venir me faire un massage au dos, mais les contractions sont rendues trop fortes, je refuse. Je ne veux que mon chum. J’ai un besoin viscéral de l’avoir près de moi… de pouvoir plonger mon regard dans le sien… de sentir ses mains.

L’intensité des contractions augmente encore, maintenant je hurle au meurtre du début à la fin d’une contraction. Un son grave qui provient du fin fond de mon ventre. Elles sont aux 30 secondes selon mon conjoint qui ne calcule plus rien de toute façon. Ma sage-femme est encore à 27 minutes selon son GPS. Je sens beaucoup de pression en bas. Quelques contractions passent et je commence à devoir ouvrir mes jambes pendant celles-ci. David demande à mon accompagnante d’appeler le 911. Moi, je répète sans arrêt entre les contractions que je ne veux pas sortir de l’eau, qu’il est hors de question que je sorte de la piscine, que je ne veux pas aller à l’hôpital… J’ai peur qu’on brise la fin de mon accouchement.

Puis, je sens que ça brûle et je le crie. David se met à pleurer (première fois en 7 ans ½ que je le vois pleurer), il me dit : « Julie, tu vas l’avoir ton AVAC, tu as réussi, c’est sûr qu’il va passer par là maintenant, peu importe ce qui arrive ». À partir de là, je hurle autant durant les contractions, mais entre les contractions, je souris et je suis tellement heureuse. Ce regard de mon chum plein d’émotions, cette sensation merveilleuse… ancrés en moi à jamais.

13h55, les ambulanciers arrivent. J’arrive déjà à sentir la tête du bout de mes doigts entre mes lèvres. Ils demandent si c’est mon souhait d’accoucher à domicile. Évidemment que oui. Je me sens étouffée, il y a trop de monde penché sur la piscine. Je demande qu’un seul ambulancier s’occupe de moi, je ne veux plus voir l’autre. Il se met en retrait.

L’autre ambulancier s’installe au bout de la piscine, ma sage-femme est sur haut-parleur. Mon accompagnante tient le téléphone d’une main et ma main droite de l’autre. David me tient la main gauche. M. demande à l’ambulancier s’il a déjà fait ça avant. Et non. Premier accouchement auquel il assiste. Il ne semble pas stressé, mais heureux et fébrile de participer à ça. Moi, ça ne me dérange pas une miette, je sais que c’est moi qui accouche et que mon corps sait quoi faire.

M. explique rapidement à l’ambulancier ce qu’il devra faire et les particularités pour un accouchement dans l’eau. Elle lui demande d’écouter le cœur de bébé. Il tente d’écouter le cœur, mais à cause de l’eau, il n’y arrive pas. Moi, je ne suis pas inquiète puisque quelques secondes après, je sens ses derniers mouvements de jambes à l’intérieur de moi. Ses pieds sont rendus au niveau de mon nombril. Je sens qu’on travaille vraiment ensemble.

Je pousse (ou plutôt mon corps pousse et je l’accompagne), je hurle et je souris entre les contractions. L’ambulancier me propose un masque à oxygène puisque ça fait partie de son protocole. Je l’accepte entre deux contractions et dès le début de la suivante, il revole. David n’arrête pas de m’encourager, de me dire que mon corps est fait pour ça, que ça fait mal oui, mais que c’est Éliott qui s’en vient.

Pendant plusieurs contractions, on voit la tête qui fait des allers-retours vers la sortie, puis vers l’intérieur. Je prends mon courage à deux mains et je décide que sa tête va sortir. Je POUSSE. Je sens la tête sortir, ça fait MAL, mais en même temps je suis tellement heureuse et fière de vivre ça, de pousser et de sentir mon bébé passer. La tête n’est pas entièrement sortie quand j’arrête de pousser et je me mets à haleter instinctivement pour laisser le temps à mes tissus de s’étendre, de s’étirer un peu plus. L’ambulancier tente de toucher le cou de bébé pour savoir s’il a un tour de cordon.

Ça fait mal, parce qu’il tente de repousser mes lèvres tendues encore presque au maximum, puisque la tête n’est pas totalement sortie. Une douleur bien différente de celle de mon bébé, une douleur agressante dont je veux me débarrasser au plus vite. Je POUSSE donc sans attendre la prochaine contraction, car je veux qu’il arrête de repousser mes lèvres et que la situation est trop intense pour que j’arrive à le formuler avec des mots.

La tête sort en entier et je me sens déchirer vers le haut. Il peut voir qu’il n’y a pas de tour de cordon. La prochaine contraction arrive immédiatement puisque j’ai dû pousser dans la « pause ». L’ambulancier, qui fait au mieux de ses connaissances, attrape immédiatement la tête et se met à tirer sur mon bébé pour dégager ses épaules alors qu’il n’a pas eu le temps de finir sa rotation de lui-même. Ça fait très MAL! Je sens tout lâcher vers l’arrière, mais sincèrement, je m’en fous! Tout ce qui compte à ce moment, c’est que j’ai mal « au bon endroit », j’ai mal à l’endroit où les femmes ont mal depuis que le monde est monde quand elles donnent naissance à leur bébé.

14h12, Éliott naît… Je suis sur un nuage, j’ai le sourire fendu jusqu’aux oreilles et c’est moi qui vais le chercher dans l’eau. La fée amnésie passe et je serais prête à recommencer sur-le-champ.

Récit d'accouchement

Son premier regard… Coup de foudre immédiat! Je suis tellement fière, tellement heureuse. Ces sentiments se voient aussi dans le regard de mon conjoint. J’ai RÉUSSI! Nous l’avons fait! Notre bébé est né dans le confort de notre maison et dans l’eau de surcroît. Nous avons bravé les vagues et la tempête. Nous avons profité des doux repos. Nous avons vécu le moment pleinement cette fois-ci!

Éliott est calme, me regarde, puis pousse un petit cri strident. Il se colore doucement. On n’a même pas besoin d’utiliser la poire sur lui. Aucune intervention n’est nécessaire.

Ensuite, M., toujours sur haut-parleur, demande à ce que je sorte de la piscine pour pouvoir plus facilement évaluer les pertes de sang à son arrivée. On m’aide à sortir et à me coucher sur le lit. Je n’en reviens pas, je fais la transition entre la piscine et le lit comme si de rien n’était alors que mon bébé vient juste de naître! Comme c’est merveilleux un accouchement physiologique! Éliott ne quitte jamais mes bras.

14h20, M. arrive. Elle me donne une injection d’ocytocine puisque le risque d’hémorragie en cas d’accouchement très rapide est plus élevé. Elle m’aide à faire sortir le placenta, parce que je n’ai plus vraiment de contractions depuis la sortie d’Éliott. Ce n’est pas agréable, mais c’est le dernier de mes soucis. Je flotte sur un nuage avec mon bébé dans les bras et le regard amoureux de mon conjoint.

14h25, une fois le placenta sorti, on prend ma photo de motivation (bébé et le placenta sur moi, le cordon étant toujours relié à Éliott). Comme je suis fière!

Empreinte de placenta - Arbre de vie

M. m’examine et j’ai un gros 2e degré. Sincèrement, ça ne me dérange pas du tout. Je suis même soulagée, puisque je sais qu’à partir d’un 3e degré, un transfert est souvent fait. L’ambulancier semble toujours aussi heureux d’être là. Il prend des photos pour nous et aide M. pour mes points en attendant l’arrivée de ma 2e sage-femme, S., qui est en route.

14h50, S. arrive et descend les marches très rapidement, parce qu’elle a vu l’ambulance dans notre stationnement. Elle vient me voir et constate que tout va très bien. Tout le monde est bien calme et heureux. Pendant que M. fait mes points sous légère anesthésie locale, S. m’aide à mettre Éliott au sein.

15h15, l’aide natale, C., arrive et me propose de me faire un plateau de fruits, fromages, noix et chocolat noir. Miam! C’est délicieux et ça m’enlève rapidement le mal de cœur que j’avais. Par la suite, elle me fait une impression d’arbre de vie avec le placenta.

On me laisse me reposer, toujours avec Éliott dans les bras, pendant qu’elles remplissent les papiers dans la chambre d’à côté.

Près de 3 heures après la naissance, on me propose de faire mon premier levé, prendre ma douche et faire l’examen du nouveau-né. Tout ça dans l’ordre que je veux et si je m’en sens prête. 16h50, je décide qu’on examine Éliott. On soulève la couverture et boom, une bombe de méconium (ma douche sera très appréciée par la suite). Lorsque je me lève pour prendre ma douche, je n’en reviens pas! Je marche seule, je vais à la toilette seule, je prends ma douche seule! Cette fois, je suis parfaitement autonome et apte à m’occuper de mon bébé. Quelle joie! Quel bonheur! J’ai l’entre-jambes bien endolori, mais cette fois je peux rire de bon cœur sans douleur.

J’ai passé les premières semaines à flotter sur mes endorphines avec mon bébé. J’ai vécu un babymoon au lieu d’un baby-blues. Je suis redescendue sur « Terre » seulement vers ses 3 semaines. Des moments emplis d’émotions, de douceur, d’amour, de tendresse…

Cet accouchement s’est déroulé encore mieux que dans mes rêves les plus fous. Tous les gens présents ont été 100 % à l’écoute de mes besoins, de mes désirs et tellement respectueux. C’est un moment marquant de ma vie qui sera à jamais l’un des plus beaux. Le sentiment d’accomplissement est indescriptible. Je remercie la vie, ma merveilleuse équipe, mon conjoint, mon bébé et… mon corps de femelle infiniment puissant!

Accouchement vaginal après césarienne

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2 Commentaires

  • Répondre
    Jacky
    1 février 2018 at 02:24

    J’ai eu beaucoup d’émotions en lisant cette histoire (partie 1 &2)!!! Bravo Julie pour cette belle réussite!

    • Répondre
      Julie
      30 mars 2018 at 01:23

      Merci 🙂

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