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Maison de naissance ou hôpital? Mon expérience!

Maison de naissance ou hôpital

Maison de naissance ou hôpital? Comme raconté dans le récit de la naissance d’Adèle, j’ai vécu une magnifique expérience en maison de naissance. Lorsque j’ai accouché de Juliette, à l’hôpital, j’ai vécu une expérience tout autre. Ce n’était pas catastrophique, mais avec le recul, j’ai eu envie de vivre quelque chose de différent pour la naissance de mon deuxième bébé. Puisque j’ai vécu deux accouchements qui ne se ressemblent pas du tout, j’ai décidé de faire une petite comparaison entre ceux-ci. Évidemment, ça ne se passe pas comme ça pour tout le monde, mais ça pourra vous donner une petite idée des divergences de philosophies entre les deux établissements. Voici les différences entre mes accouchements en maison de naissance et à l’hôpital!

Maison de naissance ou hôpital?

L’accueil

À l’hôpital

En arrivant, après avoir navigué les corridors de l’hôpital pour trouver l’aile des naissances, je passe à l’accueil pour m’enregistrer : je donne ma carte d’assurance maladie et je réponds aux questions entre chaque contraction. Je me fais ensuite assigner une chambre de naissance libre, au hasard. Je ne connais pas les personnes qui m’accueillent.

À la maison de naissance

Je monte directement dans ma chambre et je me fais accueillir par mes deux sages-femmes, comme des amies. Elles m’invitent à défaire mes bagages et à faire comme chez moi. J’installe mon diffuseur d’huiles essentielles, mes « fausses » chandelles, je mets de la musique. Je défais mes bagages et je sors mes collations.


Le monitorage

À l’hôpital

Je suis couchée dans le lit et on m’attache un moniteur de monitorage fœtal électronique au ventre. Ça limite mes mouvements et ça ne marche pas très bien : je dois régulièrement mentionner aux infirmières que le moniteur a bougé et qu’on a « perdu » le coeur du bébé.

À la maison de naissance

Tel que privilégié par l’institut national de santé publique du Québec lors d’un travail spontané sans facteurs de risque, mes sages-femmes utilisent l’auscultation intermittente pour vérifier le coeur de mon bébé. Ma grossesse est tout à fait normale et le monitorage constant n’est absolument pas nécessaire. Ma sage-femme vérifie le coeur de bébé toutes les 30 minutes, discrètement, de façon à ne pas me déranger.


L’accès à l’épidurale

À l’hôpital

L’épidurale est tout près. Lorsque je parle de mon envie de me la faire administrer, le docteur approuve mon idée immédiatement en me disant que je fais bien de la prendre pour pouvoir me reposer (mon accouchement est long). L’anesthésiste est là 5 minutes plus tard et la procédure commence. Je ne sens plus rien et je suis très contente d’être soulagée. Avec le recul, je suis déçue d’avoir été privée de toutes les sensations de la naissance de Juliette. Je n’ai pas vécu mon accouchement dans sa totalité.

À la maison de naissance

Pendant une phase plutôt difficile de mon accouchement, une idée me trouble : je veux l’épidurale! Mon copain me rappelle pourquoi j’ai décidé de vivre une naissance naturelle. Je pense au transport en ambulance, à l’hôpital, aux risques de l’épidurale. J’en parle à ma sage-femme. Elle me propose un plan de match qui n’implique pas l’épidurale et me rappelle que tout ce que je vis est totalement normal et que mon bébé arrive. Pas d’épidurale pour moi, merci bonsoir!


Le bain

À l’hôpital

On me propose d’aller au bain, dans une salle séparée, pour me soulager un peu. On m’indique que je dois sortir immédiatement si je sens mon bébé pousser, car l’hôpital n’est pas équipé pour les naissances dans l’eau (?). J’entre dans le bain-tourbillon qui fait des bulles toutes les 5 minutes, en plein dans mes contractions. Je trouve ça désagréable et je supplie Jean-Philippe de les fermer à chaque fois. Aucun moyen de les arrêter définitivement. Je n’y reste pas très longtemps à cause de ça!

À la maison de naissance

Je suis très heureuse que ce bain soit un bain « ordinaire », pas de bulles! Il est très gros et profond. Il est dans ma chambre et je ne le partage pas avec d’autres mamans en travail.  Je m’y sens bien, je suis très zen. Je m’endors presque! J’y retourne même pour la poussée, chose que je ne pouvais faire à l’hôpital.


Le soutien

À l’hôpital

Je ne suis pas particulièrement soutenue par le personnel. Je reçois des encouragements génériques pendant la poussée. L’infirmière est très gentille, mais je ne sens pas nécessairement son empathie.

À la maison de naissance

Empathie, douceur et respect. Ma sage-femme me masse doucement le dos aux bons moments. Ses mains me rassurent, sa douceur me fait du bien. On m’encourage dans mes efforts.


Le respect de l’intimité

À l’hôpital

Je n’ai pas d’intimité et j’ai beaucoup de difficulté à créer ma bulle. Les gens entrent à leur guise dans ma chambre, en prenant au moins le soin de cogner avant d’entrer. C’est la même chose après l’accouchement : infirmières, médecins, employés d’entretien, employés qui viennent porter les repas. Ça fait beaucoup de monde.

À la maison de naissance

Il n’y a que mes sages-femmes qui viennent me voir pendant le travail. On me demande si je souhaite être seule ou si je préfère leur présence. Je souhaite justement passer mon travail dans l’intimité pour bien créer ma bulle, alors je suis contente. Après la naissance, je peux me reposer sans que personne ne vienne me voir pendant plusieurs heures, jusqu’au déjeuner.


Les petites attentions

À l’hôpital

Je n’ai pas reçu de petites attentions particulières à l’hôpital.

À la maison de naissance

Après la naissance d’Adèle et la délivrance du placenta, on m’apporte une belle assiette de fruits et fromage. On me propose de prendre une douche. On prépare mes choses, on ouvre la douche pour moi, on refait mon lit pendant ce temps. Les aides natales et les sages-femmes s’occupent bien de moi, je suis choyée de les avoir à mes côtés. Le lendemain matin, on me prépare un petit déjeuner personnalisé selon mes goûts.


Le respect du plan de naissance

À l’hôpital

Je croyais que mon plan de naissance allait être respecté puisque les infirmières l’ont regardé avec moi, mais avec le changement de personnel, ça n’a pas été fait. Plusieurs de mes souhaits, comme d’attendre la dernière pulsation du cordon avant de le couper ou de laisser Jean-Philippe accueillir notre bébé dans le monde, n’ont pas été respectés.

À la maison de naissance

Tous mes souhaits ont été respectés, tout simplement. Les sages-femmes s’assurent toujours de vérifier auprès de la mère avant de faire quoi que ce soit.


Le post-accouchement immédiat

À l’hôpital

On me montre brièvement mon bébé dans les airs et on l’emporte pour la mesurer et la peser. J’avais demandé à ce que ce soit retardé pour pouvoir la garder sur moi en peau à peau et pour qu’on puisse se découvrir tranquillement. Malheureusement, un autre souhait qui n’a pas été respecté.

À la maison de naissance

Je prends le temps de découvrir mon bébé, de lui offrir sa première tétée. Adèle se fait mesurer et peser quelques heures plus tard. Rien ne presse!


L’allaitement

À l’hôpital

J’essaie d’allaiter Juliette pendant la première heure, mais je n’y arrive pas. Elle doit aller faire un tour en observation à la pouponnière alors la première tétée est remise à plus tard. Par la suite, je dois tout noter et montrer aux infirmières que j’allaite aux 3 heures pile-poil. Elles me réveillent la nuit pour que je réveille mon bébé pour l’allaiter. Juliette est très endormie et le personnel me suggère de la réveiller avec une débarbouillette froide dans le dos. Je trouve ça inhumain et je suis stressée et désespérée de ne pas pouvoir allaiter à l’éveil.

À la maison de naissance

Adèle prend bien sa première tétée, elle est très gloutonne! Je l’allaite pendant un bon 45 minutes et on s’endort en famille. Personne ne vient nous déranger. Le lendemain, elle est bien endormie et je n’arrive pas à lui donner une autre tétée. L’aide natale me rassure; elle ne manque de rien et elle tétera au réveil. Quel soulagement!


La durée du séjour

À l’hôpital

Je dois rester pendant 2 jours à l’hôpital. J’ai hâte de retourner à la maison, mais notre retour se fait attendre, car la pédiatre qui doit signer notre départ est en retard et très occupée.

À la maison de naissance

Je reste quelques heures à la maison de naissance pour me reposer, et après la visite de ma famille, nous retournons à la maison. Tout va bien, alors pourquoi rester?

Geneviève

Et vous? Quelle a été votre expérience en maison de naissance ou hôpital?

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5 Commentaires

  • Répondre
    Caroline
    13 décembre 2017 at 14:51

    Le suivi en maison de naissance est exceptionnel et je suis tout à fait d’accord avec tes comparaisons. De mon côté j’ai bénéficié du génial suivi en maison de naissance pour ma fille mais j’ai dû accoucher à l’hôpital. J’en ai été très fâché car je ne l’avais pas vu venir, tellement que j’ai refusé d’accoucher, j’ai cédé seulement quand on allait m’enlever mes droits parce que je nous mettais en danger. J’ai toujours regretté cet entêtement de ma part, je ne comprenais pas la gravité de ma situation et je tenais trop à accoucher à la maison de naissance! Ça s’est fini exactement comme je ne voulais pas, en césarienne avec en bonus un séjour d’une semaine à l’hôpital.

    Comme il y avait eu beaucoup de complications pour la 1ere grossesse, impossible pour moi de retourner à la maison de naissance pour ma 2e grossesse, j’en ai pleuré de savoir que je n’aurais pas le doux suivi que j’avais eu pour ma fille. Mais tout s’est passé beaucoup mieux car j’étais préparée et que je ne voyais plus la finalité comme un échec. Cette fois, c’est bébé qui a rencontré des difficultés à la naissance (poupée de chiffons), j’étais bien contente d’être déjà à l’hôpital car c’est certain qu’on aurait été transféré rapido.

    Finalement, 2 accouchements, 2 césariennes et 2 belles frousses mais aussi 2 histoires qui se terminent bien même si les plans de naissances et tout le reste ont pris le bord. Je me dis que tout l’important est là. 🙂

    • Répondre
      Geneviève Lévesque
      19 décembre 2017 at 13:46

      Merci d’avoir partagé ton expérience Caroline! C’est vrai que l’important est là, peu importe on accouche où. Et de faire le deuil des choses qu’on ne peut contrôler! 🙂

  • Répondre
    Myriam
    8 janvier 2018 at 18:06

    J’ai accouché 2x < l'hopital, suite a des grossesses a risques, et dans mon cas, c'était loin d'etre aussi ''rigide et caricaturale''. C'est mon gynéco que m'a assisté à l'accouchement, les lumières étaient tamisées, mon chum dormait jusqu'a 15 minutes avant la naissance, ils m'ont laissé mon bébé sur moi tout de suite et j'ai pu mettre bébé au sein à mon aise, ils nous ont laissés seuls dans la chambre pendant au moins 1h, j'ai demandé aux infirmières de ne pas me déranger la nuit, et quand elles avaient ''pas le choix'', elles n'allumaient que la lumière des toilettes pour ne pas trop nous réveiller. Honnetement, je pense qu'une partie de tout ca, c'est la maturité et l'expérience qui vient avec le fait que c'est notre 2eme fois, pas juste parce que la maison de naissance, ''c'est mieux''. Et je dis pas que c'est pas bon, juste qu'on peut aussi avoir une superbe expérience à l'hopital aussi!

    • Répondre
      Geneviève Lévesque
      12 janvier 2018 at 12:08

      Je pense que c’est assez clair dans mon article qu’il s’agit de mon expérience à moi et que ce n’est pas toujours ainsi. Ce n’est pas une caricature, c’est ma réalité. Je suis contente pour toi que ton accouchement en milieu hospitalier ce soit bien passé! 🙂

      • Répondre
        Geneviève Lévesque
        12 janvier 2018 at 12:27

        Et en passant, selon moi, ce n’est pas normal de devoir DEMANDER de ne pas se faire déranger la nuit quand on vient de donner naissance. Ça me semble évident que si la maman dort et que le bébé dort, ON NE LES RÉVEILLE PAS. Les protocoles hospitaliers inutiles dans le cas d’une grossesse et d’une naissance normale me dérangent. Ce n’est pas une question d’expérience ou de maturité.

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