Accouchement

Le récit de naissance d’Adèle

Le récit de naissance d’Adèle

« Bonjour! Je m’appelle Adèle Chabot et je suis née le 19 octobre 2017 à la maison de naissance Jeanne-Mance. Je pèse 7,6 livres et je mesure 19,7 pouces. Je suis née dans l’eau, accueillie par les mains de mon papa et de notre sage-femme. Voici mon récit de naissance! »

17 octobre 2017 – 40 semaines et 5 jours. Il est 23h30 et je relaxe sur le ballon, aux côtés de Jean-Philippe. Depuis plusieurs mois, on passe des soirées à discuter de la naissance dont on rêve pour Adèle. On a si hâte de vivre ça différemment, à la maison de naissance. Juliette dort paisiblement. Je commence à sentir des contractions douloureuses. Est-ce que c’est cette nuit que ça se passe? Je pense bien que oui! J’aurais bien aimé que ça commence demain… Depuis un moment, je suis certaine que je vais accoucher après le 18, comme si j’attendais la garde de ma sage-femme principale et de sa stagiaire. Et c’est demain que leur garde commence. Ma sage-femme est calme, sympathique et rassurante. Elle a à ses côtés une stagiaire en 4e année. Je les adore toutes les deux. J’ai vite connecté avec elle, mais aussi avec sa stagiaire, même si je l’ai rencontrée seulement en fin de suivi. Sa passion pour son futur métier est évidente et son regard intéressé mets tout de suite en confiance. Mais tout le monde est super à la maison de naissance alors si ça se passe ce soir avec ma deuxième sage-femme, c’est bien parfait. J’ai hâte de rencontrer ma petite puce!

18 octobre 2017 – 40 semaines et 6 jours. Après avoir passé la nuit en contractions qui m’empêchaient de dormir (j’ai dormi entre elles, environ 2 heures au total), le travail s’arrête. J’ai rendez-vous avec ma sage-femme ce matin et je compte bien demander un décollement des membranes. Je n’en voulais pas avant 41 semaines, alors c’est le bon moment! On procède, et le toucher vaginal révèle que je suis ouverte à 3. Je sens que ça approche, et la sage-femme me dit qu’on se voit probablement ce soir… Ce qui veut dire que j’accoucherai avec ma sage-femme principale et sa stagiaire! Je suis contente et j’ai l’impression que « les astres s’alignent » pour réaliser l’accouchement que je visualise depuis plusieurs mois.

Après la rencontre, je vais manger un déjeuner avec ma mère, Juliette et Jean-Philippe. Les contractions recommencent au restaurant et augmentent en intensité tout au long de la journée. Je prends plusieurs bains et elles ne s’estompent pas. C’est parti! Juliette passe du temps chez sa mamie, qui habite juste en bas de chez moi, pendant que je prends chaque contraction appuyée sur le mur ou penchée vers l’avant. Je me demande quand appeler ma sage-femme. Ça m’angoisse, alors je décide de l’appeler vers 18:15 pour lui parler. Est-ce le temps de quitter pour la maison de naissance? J’ai hâte d’aller m’y installer, d’y créer ma bulle, mon ambiance. Les chambres sont magnifiques.

Après discussion, on décide de s’y rencontrer à 19:15. On se met en route, avec ma mère, pendant que mamie Doo garde Juliette. Les contractions diminuent pendant le trajet, mais c’est normal quand l’adrénaline vient faire son tour. Une fois arrivée à la maison de naissance, je vais rencontrer mes sages-femmes qui sont en train de préparer ma chambre. C’est dans la chambre « Hochelaga » que nous allons faire la rencontre de notre nouvelle petite fille! On s’installe : petites chandelles électriques un peu partout, diffuseur d’huile essentielle de lavande, musique relaxante. On défait nos bagages pour se sentir un peu plus à la maison. On est vraiment bien! Je décide de demander un toucher vaginal pour voir si mes contractions ont bien fait travailler le col. Oui, je suis à 5! Je suis vraiment encouragée l’apprendre, puisqu’à mon premier accouchement, je demandais l’épidurale à 4+. Je vois mon accouchement tellement différemment cette fois-ci. Je ne suis pas une victime : je suis forte, je travaille avec mon corps et toute sa puissance pour avoir mon bébé. J’accepte la douleur au lieu d’essayer de la combattre.

Après un peu de temps, je décide d’aller prendre un bain pour relaxer le plus possible et que les contractions augmentent. Je suis encore en latence et mes contractions ne sont pas assez efficaces pour bien faire avancer le travail. Je sors du bain et je prends chaque contraction debout, au cou de Jean-Philippe. Il est super présent et il m’encourage, me fait du bien. Il me fait des massages au bas du dos et sa présence me rassure. On fait ça à deux! Le temps avance et vers minuit, je demande un toucher vaginal pour voir l’évolution. Je suis ouverte à 6 et je suis découragée, mais surtout fatiguée. Je n’arrête pas de penser à l’hôpital et à la péridurale, même si je n’en veux pas. Jean-Philippe me parle et me recentre. Ma sage-femme me propose un plan et on décide que j’essaierai de somnoler un peu et de réfléchir au fait de crever mes eaux. Je réussis à dormir un peu entre les contractions, je suis tellement épuisée. Mais j’ai énormément de difficulté à prendre les contractions couchée et je décide de me lever après peu de temps. Je suis quand même un peu plus reposée, mais je suis incapable de prendre une décision. J’ai peur de l’intensité des contractions après avoir crevé les eaux. Ma sage-femme revient nous voir et je décide qu’on y va : on crève les eaux. Je devrai passer par cette intensité et je devrai vivre cette puissance-là pour donner la vie, alors aussi bien essayer d’aider la nature pour éviter l’épuisement!

19 octobre 2017 – 41 semaines. Vers 1:45, mes eaux sont crevées. Je demande qu’on prépare le bain pour que je puisse y retourner après. Je suis étendue sur le lit. La contraction qui suit me transforme complètement. Je me lance en bas du lit, incapable de rester couchée. Je sens que le bébé a baissé beaucoup, je deviens animale. L’intensité est indescriptible et je fais des sons incontrôlables. Mais quel bonheur, toute cette puissance! Je ne pense plus à la douleur du tout. J’ai deux contractions de cette intensité-là presque collées avant de me lever pour aller dans le bain.

Accoucher dans l'eau

Rendue dans le bain, sur les genoux, appuyée au rebord du bain, je sens une contraction bien différente. Ça pousse, déjà! Je vais avoir mon bébé! Les sages-femmes et les aides natales s’affairent à tout préparer pour la naissance derrière moi, mais je ne vois rien et je n’entends rien. En deux poussées, la tête (et le bras en même temps!) sort. Une autre poussée, pour 7 minutes de poussées au total, et Adèle est accueillie par les mains de ma sage-femme et de Jean-Philippe. Il est 2:07. Ils la passent entre mes jambes pour la déposer sur moi. Quel moment parfait! Bienvenue ma jolie Adèle. Je sors du bain et je vais au lit pour la sortie du placenta. Ça prendra quelques efforts (et une piqûre de syntho) pour la délivrance, qui a lieu 45 minutes plus tard. Je suis soulagée. On se repose en famille, en toute intimité, jusqu’au petit matin. Après un petit déjeuner parfait pour reprendre mes forces et la visite de mes proches, je retourne à la maison avec mon petit bébé et ma grande fille, prête à relever des nouveaux défis… mais surtout à vivre beaucoup de bonheur.

Ma jolie Adèle, tu es si douce. Ta venue dans ce monde m’a transformée. Tu m’as permis de vivre un accouchement de rêve, dans toute sa puissance. Je t’aime, tout simplement.

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