Parentalité

Aimer accoucher, ça se peut?

Aimer accoucher

Je suis une grande nostalgique, mais si vous m’aviez dit que je m’ennuierais un jour d’accoucher, je vous aurais traité de fou. Aimer accoucher? Voyons donc, c’est masochiste!

Quand j’étais plus jeune, je me souviens de ma vision de l’accouchement. À l’école, une prof de biologie nous avait montré la vidéo d’une femme qui accouche. Les pieds dans les étriers, à l’hôpital, sur le dos… la position par excellence de la femme qui se soumet aux « experts » pour accoucher. Ça avait l’air terriblement douloureux. Ensuite, que dire de tous les films et toutes les émissions que j’ai vus qui montrent la femme, dans la même position bien sûr, en train de crier comme si elle déchirait de partout. Finalement sont venus les textes lus sur internet qui me décrivaient la sensation d’un melon d’eau qui sort des fesses. Très épeurant! Je me disais que si j’étais enceinte, un jour, je demanderais une césarienne. Je pars de loin.

Et si je vous disais que ma vision de l’accouchement, maintenant, c’est tout sauf ça? Ce n’est pas de se soumettre, c’est plutôt le contraire. C’est de laisser travailler son corps, de laisser la nature faire. Mon corps sait comment accoucher. Je n’ai qu’à accepter que la douleur ressentie fera naître mon bébé. La puissance ressentie a sa raison d’être. Mon corps s’ouvre et mon bébé fait son chemin. C’est magnifique, et il ne suffit que de changer sa vision de l’accouchement pour ressentir la grandeur de l’enfantement.

J’ai vécu quelque chose de plus grand que… tout. C’est puissant, c’est magique, c’est beau. Je n’ai pas poussé dans une position qui n’était pas naturelle pour moi. J’ai naturellement pris une position pour pousser, sans y penser. Mon corps me dirigeait. Je n’ai pas senti de melon d’eau sortir de mes fesses. J’ai tout simplement senti mon bébé naître, sans douleur épouvantable comme on me l’avait décrit. J’étais connectée à mon bébé et je sentais tout, comme elle. Je n’ai pas crié comme si on me poignardait, j’ai plutôt émis des sons graves, sans le vouloir, comme un animal. C’était beau, pas épeurant.

Je pense qu’il y a un grand chemin à faire pour modifier la vision de l’accouchement. Il faudra commencer par redonner le pouvoir aux femmes d’accoucher là où elles se sentent en sécurité. Seulement 2 % des suivis se font par une sage-femme au Québec. C’est d’une tristesse incroyable quand on sait que beaucoup plus de femmes que ça aimeraient bénéficier de ce suivi et accoucher à la maison ou en maison de naissance. Ensuite, il faudra revoir comment on présente l’accouchement à l’école ou dans les médias. C’est important de montrer aux jeunes ce qu’est l’accouchement normal et physiologique et d’apprendre aux jeunes filles que c’est possible d’aimer accoucher.

J’ai hâte de ressentir à nouveau cette puissance unique à l’accouchement. Aimer accoucher, ça se peut!

Geneviève

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